"Homophobie : l'école en marche
La Marche 2008 revendique "une école sans aucune discrimination", ce 28 juin. Un thème majeur dans la lutte contre l'homophobie... et un thème consensuel qui trouve un certain écho du côté des pouvoirs publics, des partis politiques et des syndicats.
La Marche des Fiertés annuelle qui se déroule ce samedi 28 juin à Paris à 14 heures a choisi comme mot d’ordre : " Pour une école sans AUCUNE discrimination ! ".
Le thème est important tellement il rassemble à lui seul une grande partie des problèmes d'homophobie que connaît notre société.
Les associations organisatrices expliquent avec justesse que tout se joue à l'école. Les agresseurs d'homosexuels sont jeunes et pour les jeunes homosexuels, c'est à l'âge de l'école que se joue son rapport à la société.
C'est dire si le rôle de cette institution d'éducation est essentiel.
C'est au collège et au lycée que l'apprentissage du respect de la différence sexuelle doit s'apprendre au même titre que le respect des différences de sexe, de race, de philiosphie ou de culture.
Il aura fallu que de graves agressions homophobes soient médiatisées et que des études de santé publique pointent la fragilité des jeunes gays et lesbiennes pour que les autorités éducatives et de jeunesse reconnaissent enfin leur part de responsabilité dans ce dossier.
Même s'il ne faut jamais sous-estimer l'aspect "communication" des déclarations ministérielles qui précèdent la Marche annuelle des homosexuels - plus grande manifestation française - le fait que Xavier Darcos s'exprime spécifiquement sur le sujet dans une grand quotidien national est un signe qui indique qu'au plus haut niveau de la machine éducative, on prend conscience du problème et des enjeux.
L'Inter-LGBT a été bien avisée de choisir cette revendication dont on voit qu'elle peut faire l'objet d'un certain consensus, et donc de résultats potentiels.
La marche de samedi ne fait qu'ouvrir avec une certaine visibilité le chantier de la lutte contre l'homophobie à l'école. Les associations travaillent depuis des années sur le sujet. Avec la manifestation de ce week end, elles peuevent espérer enclencher un processus qui au fil des années pourrait prendre le problème général de l'homophobie à la racine.
De la cour d'école, à l'éducation sexuelle, en passant par une prise en compte dans les programmes de lettres, de philosophie, d'éducation civique ou auprès de l'ensemble des personnels scolaires - dont les psychologues, médecins ou infirmiers - il faut souhaiter que l'homosexualité ne soit non seulement plus tabou, mais qu'elle fasse l'objet d'une visibilité et d'un respect incontestables, à tous les niveaux.
Les marcheurs - souvent jeunes eux-mêmes - qui défileront samedi, devraient plus que jamais avoir à coeur de défendre une revendication concrète qui les touchent de prés.
La présence, à leur côté, des syndicats enseignants en plus des représenatnts des forces politiques progressistes devait donner un gage supplémentaire que l'homophobie est l'affaire de la société toute entière et pas des seuls homosexuels.
"Nous ne demandons pas de loi mais des actions de terrain", a expliqué l'Inter-LGBT qui entend rester vigilante afin que les récents engagements du ministère de l'Education se concrétisent. La rentrée 2008 - et p^lus généralement l'année scolaire prochaine - constituera un test pour mesurer si l'école évolue sur la question de la lutte contre l'homophobie.
Le défilé partira de Denfert-Rochereau à 14 heures pour se terminer place de la Bastille en toute fin d'après-midi.
E-llico.com est partenaire de la marche.
Mis en ligne le 27/06/08"